Fraude à l'investissement : ce que la FSMA a bloqué en 2026
La fraude à l'investissement en ligne a coûté 12,5 millions d'euros aux victimes qui l'ont signalée à la FSMA au premier semestre 2026, contre un pic de 25,2 millions au second semestre 2025 [1]. L'Autorité des services et marchés financiers a présenté ces chiffres le 1er octobre, en même temps que deux outils qui expliquent en partie la décrue : le blocage de sites frauduleux et un canal prioritaire vers les réseaux sociaux.
De janvier à août, les pertes déclarées atteignent déjà 16,5 millions d'euros [2].
498 sites détournés vers une page d'avertissement de la FSMA
Le premier outil passe par le Belgian Anti-Phishing Shield (BAPS), un dispositif du Centre pour la Cybersécurité Belgique. Depuis que la FSMA y a adhéré, un internaute qui tente d'ouvrir un site qu'elle a identifié comme frauduleux est renvoyé automatiquement vers une page d'avertissement [1].
Le bilan publié par la FSMA : 498 sites frauduleux identifiés à ce jour et 84.615 visiteurs redirigés [1]. La présentation du régulateur précise qu'il s'agit d'adresses IP individuelles et que les noms de domaine sont introduits dans le bouclier dès la publication d'une mise en garde [2]. Le chiffre de « plus de 80.000 victimes potentielles évitées » que la FSMA met en avant correspond donc à des tentatives de connexion interceptées, pas à un nombre de personnes dont on saurait qu'elles allaient investir.
Le second outil est un statut. La FSMA a obtenu de l'Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) celui de « signaleur de confiance », prévu par le Digital Services Act européen [2]. Concrètement, ses signalements de publicités frauduleuses doivent être traités en priorité et sans délai par les plateformes de médias sociaux [1]. Elle n'est que le deuxième superviseur financier de l'Union à en disposer, après la Central Bank of Ireland : en 2025, celle-ci a signalé 206 contenus suspects sur Facebook, Instagram, Threads et YouTube, et 204 ont été supprimés [1].
Fraude à l'investissement : les plateformes de trading pèsent sept euros sur dix
La ventilation des pertes déclarées sur les huit premiers mois de 2026 montre où se concentre le risque [2] :
| Type de fraude signalée | Pertes déclarées (janvier à août 2026) |
|---|---|
| Plateformes de trading et cryptomonnaies | 11.636.949 euros |
| Conseils boursiers via WhatsApp | 2.196.458 euros |
| Fraude générale | 1.306.228 euros |
| Recovery rooms (faux services de récupération des fonds perdus) | 587.232 euros |
| Gestion frauduleuse de patrimoine | 246.950 euros |
| Fraude au crédit | 105.991 euros |
Les plateformes de trading et de cryptomonnaies frauduleuses représentent ainsi 11,6 des 16,5 millions d'euros déclarés, soit environ sept euros perdus sur dix [2]. La FSMA relève une tendance nouvelle : ces plateformes usurpent désormais l'identité de dirigeants de grandes banques belges, tandis que la fraude via WhatsApp emprunte celle de banques, de personnalités ou de médias [2].
La perte moyenne par victime recule aussi. Elle s'établit à 29.443 euros au premier semestre 2026, contre 41.535 euros au second semestre 2025 et 35.687 euros au premier semestre 2025 [2]. Ces montants mesurent la fraude déclarée, pas la fraude totale.
Pour une entreprise ou un investisseur belge, la vérification reste à faire
Le blocage réduit l'exposition sans la supprimer : un site n'est bloqué qu'après avoir été repéré et mis en garde.
Le réflexe que la FSMA met au centre de sa campagne, diffusée du 1er au 28 octobre 2026 dans le cadre de la World Investor Week, tient en une phrase : vérifier d'abord si un prestataire est fiable avant d'investir [1]. Son outil « Vérifiez votre prestataire », modernisé, interroge à la fois les listes de prestataires agréés et les mises en garde publiées [2]. Le mécanisme est détaillé dans l'article du Courrier consacré à l'agrément FSMA et la manière de vérifier un acteur financier, première barrière contre la fraude à l'investissement.
Pour un dirigeant qui gère la trésorerie de sa société ou son patrimoine privé, trois signaux reviennent dans les recommandations du régulateur : une promesse de rendement extraordinaire, une pression pour décider vite, et un placement recommandé en ligne par une célébrité ou une personnalité politique, qui est « presque toujours une tentative de fraude » [1]. La FSMA rappelle aussi qu'il faut consulter les mises en garde des autorités étrangères et de l'IOSCO, pas seulement les siennes [3]. Les mêmes conseils pratiques visent les offres de crédit non sollicitées à des conditions exceptionnelles [1]. Le Courrier a recensé les pistes de financement hors banque en Belgique, un terrain où cette vérification s'applique aussi.
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Le prochain point de mesure viendra du tableau de bord semestriel que la FSMA publie sur sa page consacrée aux fraudes : celui du second semestre 2025 était sorti le 22 janvier 2026 [3]. Il dira si la baisse observée depuis janvier tient sur l'année entière.
Sources
- FSMA : De nouveaux outils de la FSMA dans la lutte contre la fraude à l'investissement en ligne donnent des résultats encourageants (communiqué du 1er octobre 2026)
- FSMA : Fraudes à l'investissement, présentation de Jean-Paul Servais du 1er octobre 2026 (PDF)
- FSMA : Attention aux fraudes, mises en garde et tableaux de bord semestriels
Cet article a été rédigé par son auteur, avec l'assistance d'une IA pour la recherche et la syntaxe.