Faillites par région : Bruxelles à 9,9 pour 1.000

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Faillites par région : la moyenne belge masque trois trajectoires

Les faillites par région dessinent en Belgique trois situations que le total national confond en une seule. Entre janvier et juillet 2026, les tribunaux de l'entreprise ont prononcé 6.947 faillites et 16.821 pertes d'emploi, selon les statistiques mensuelles de Statbel arrêtées à fin juillet et publiées le 14 août 2026 [1][3][4].

Rapportés au nombre d'entreprises actives, ces chiffres se séparent nettement : Bruxelles concentre 17,6 % des faillites du pays pour 10,5 % des assujettis à la TVA, tandis que la Wallonie se situe sous la moyenne nationale.

Trois Régions, trois taux de défaillance

La seule lecture en volume place la Flandre très en tête, avec 4.166 faillites sur les sept premiers mois, contre 1.560 en Wallonie et 1.221 à Bruxelles [3]. Ce classement suit surtout la taille des économies régionales.

Le rapport au stock d'entreprises renverse la hiérarchie. Au 31 décembre 2024, la Belgique comptait 1.187.819 assujettis actifs à la TVA, dont 747.395 en Flandre, 299.890 en Wallonie et 122.725 à Bruxelles [6].

Région Faillites (janv.-juil. 2026) Part des faillites Part des assujettis TVA Faillites pour 1.000 assujettis Emplois perdus Emplois perdus par faillite
Flandre 4.166 60,0 % 63,9 % 5,6 8.852 2,1
Bruxelles-Capitale 1.221 17,6 % 10,5 % 9,9 3.192 2,6
Wallonie 1.560 22,5 % 25,6 % 5,2 4.777 3,1
Trois Régions 6.947 100 % 100 % 5,9 16.821 2,4

Sources : Statbel [3][4][6], calculs du Courrier. Le numérateur porte sur sept mois de 2026, le dénominateur sur le stock d'assujettis au 31 décembre 2024 : le rapport sert à comparer les Régions entre elles, pas à établir un taux annuel de défaillance.

Avec 9,9 faillites pour 1.000 assujettis, Bruxelles se situe à plus d'une fois et demie la moyenne des trois Régions. La Wallonie, à 5,2, est la seule des trois sous cette moyenne, ce que le débat public lui attribue rarement.

Pourquoi les faillites par région ne coûtent pas le même nombre d'emplois

L'intensité en emplois suit une logique inverse de la fréquence. Chaque faillite wallonne a détruit en moyenne 3,1 postes sur la période, contre 2,1 en Flandre [4]. Statbel relevait d'ailleurs pour le seul mois de juillet 2026 qu'« il faut remonter en juillet 2014 pour retrouver un nombre de pertes d'emploi plus important ce mois-là en Région wallonne (815 contre 758) » [2].

Un avertissement de méthode s'impose sur le total bruxellois : 971 des 3.192 emplois perdus, soit près d'un tiers, relèvent du seul mois de juin 2026 [4]. Un mois atypique déforme une série régionale bien plus vite qu'une série nationale, et la prudence vaut aussi pour les mois de juillet et d'août, traditionnellement bas en raison des vacances judiciaires.

D'où vient l'écart entre les Régions

Trois facteurs structurels expliquent l'essentiel de l'écart observé entre les faillites par région, et aucun ne relève de la conjoncture immédiate.

La taille d'abord. Sur les 6.947 faillites de la période, 6.358 concernaient des entreprises de zéro à quatre salariés, soit 91,5 % du total [5]. Le SPF Économie observe la même concentration sur les cessations de PME : 97,1 % des cessations enregistrées en 2024 portaient sur des unités sans personnel [9]. Une Région dont le tissu compte davantage de très petites structures produit mécaniquement plus de procédures pour un même volume d'activité, ce qui rejoint le poids réel des PME dans l'économie belge.

Le mix sectoriel ensuite. Le secteur le plus dégradé en 2026 est le transport et l'entreposage, où Statbel comptabilise 524 faillites sur sept mois, « une hausse de 13,9 % » par rapport au record précédent [2]. Or Bruxelles héberge 16,1 % des assujettis TVA belges de cette branche alors qu'elle n'en représente que 10,5 % au total [6]. L'horeca, autre branche citée par Statbel pour juillet, y est en revanche à peine surreprésentée, avec 11,2 % des assujettis belges du secteur [6].

L'âge et la forme juridique complètent le tableau, mais Statbel ne publie pas, dans sa série mensuelle, de croisement entre Région et secteur : cette partie de l'explication reste une hypothèse structurelle, pas une mesure.

Ce qu'un dirigeant peut en retirer

Pour une entreprise établie, l'intérêt des faillites par région est moins le chiffre du mois que le signal sur sa chaîne de contreparties. Un fournisseur ou un client bruxellois du transport ne présente pas le même profil de risque qu'un homologue flamand du même métier, et le total national ne le dit pas.

Le cadre juridique, lui, est fédéral : la procédure de faillite et le sort du dirigeant ne varient pas d'une Région à l'autre, pas plus que ce que permet une réorganisation judiciaire. Seule la probabilité d'y être confronté change.

Le signal conjoncturel, enfin, reste national et il faiblit : le baromètre de la Banque nationale de Belgique « se replie une nouvelle fois en août, après avoir signé trois hausses consécutives », sa courbe brute passant de -11,9 en juillet à -13,2 en août 2026, soit 1,3 point de recul [8]. Sa courbe lissée, elle, progresse encore de 0,6 point sur le mois : le sens du signal dépend donc de la série retenue.

La banque centrale ne publie pas de déclinaison régionale de cet indicateur, et le relevé hebdomadaire des faillites de Statbel ne va pas plus loin que la Région, l'activité économique et la forme juridique [7]. Toute lecture infra-régionale doit donc être reconstruite à la main, avec les réserves que cela impose.

Note de la rédaction

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Sources et Références

  1. Statbel : Faillites mensuelles
  2. Statbel : Juillet 2026 : 689 faillites
  3. Statbel, be.STAT : Nombre de faillites pour la Belgique et les régions, dernières 12 années
  4. Statbel, be.STAT : Perte d'emplois pour la Belgique et les régions, derniers 13 mois
  5. Statbel, be.STAT : Nombre de faillites selon classe de taille, derniers 13 mois
  6. Statbel, be.STAT : Nombre d'assujettis actifs à la TVA par activité économique et localisation du siège social
  7. Statbel : Faillites hebdomadaires
  8. Banque nationale de Belgique : Baromètre de conjoncture, août 2026
  9. SPF Économie : PME : créations et cessations
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