Métiers en pénurie Wallonie 2026 : ce que change l'indice de criticité
Métiers en pénurie Wallonie 2026 : le Forem a publié le 1er juillet un relevé de 144 fonctions, le premier bâti sur un indice de criticité chiffré plutôt que sur l'ancienne opposition entre « métiers en pénurie » et « fonctions critiques » [1][2]. Elle vaut pour 2026, couvre la Wallonie francophone et exclut l'enseignement. L'organisme reconnaît d'ailleurs que ces adaptations « limitent toutefois la comparabilité directe avec la liste établie pour 2025 » [3].
Qui établit la liste, et sur quelle base de calcul
Le Forem publie ce relevé chaque année depuis 1999, et il ne s'appuie sur aucun arrêté du Gouvernement wallon : la liste est construite par l'organisme, confrontée à ses experts sectoriels puis aux Fonds sectoriels de formation, avant d'être soumise à son Comité de gestion [3]. Seuls les métiers de l'enseignement font l'objet d'un arrêté, pris par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et ils sortent des 144 [3].
La matière première a changé. À la demande du Gouvernement wallon, le Forem a interrogé entre octobre et décembre 2025 les employeurs actifs en Wallonie francophone sur leurs besoins en main-d'œuvre [3]. L'enquête alimente un indice de criticité globale compris entre 0 et 1, qui agrège un indice de difficulté, un indice d'intensité de recrutement et un indice de tension [3]. Le seuil est explicite : « un métier est identifié comme étant en pénurie lorsque son indice de criticité globale est supérieur ou égal à 0,5 » [3]. Seconde porte, moins commentée : un métier entre aussi dans la liste quand le rapport entre chercheurs d'emploi inoccupés et offres du Forem en 2025 tombe sous 1,5 [3].
Métiers en pénurie Wallonie 2026 : 69 entrées et 52 sorties
Soixante-quinze fonctions figurent à la fois en 2025 et en 2026, 69 entrent, 52 disparaissent [2]. Entrent notamment le cuisinier de collectivité, l'isolateur, l'évaluateur énergétique (PEB, audit), le responsable TIC et le technicien en électricité industrielle ; sortent le vendeur de magasin, le préparateur en carrosserie et le technologue de laboratoire médical [2].
L'addition ne se referme pas : 75 et 52 font 127, alors que le relevé 2025 comptait 146 intitulés, 82 en pénurie et 64 en fonction critique [4]. La refonte du référentiel explique l'écart, des fiches ayant été créées (« responsable PEB », « community manager »), d'autres fusionnées ou supprimées [2]. Lire le passage de 127 à 144 comme une aggravation serait une erreur.
Le classement par intensité, lui, est neuf : les quatre indices les plus élevés reviennent à l'aide ménagère à domicile, au pharmacien, au couvreur de toits et à l'assistant pharmaceutico-technique [2]. La construction reste le premier secteur touché avec 38 métiers, dont 19 nouveaux, devant l'industrie technologique et la santé et l'action sociale, 19 chacune, soit 53 % des difficultés identifiées à elles trois [2].
Ce que l'inscription déclenche, et pour qui
Côté chercheur d'emploi, la liste commande la formation et une dispense : pour certains métiers et sous conditions, une dispense des obligations de recherche active d'emploi est possible pendant une formation de plein exercice [5]. Le Forem annonce 398 formations couvrant 82 des 144 métiers, soit 57 % de la liste ; 11.459 chercheurs d'emploi en ont suivi une en 2025, sur 22.484 formés, en hausse de plus de 13 % sur un an [2].
Côté employeur, le levier tient à un texte et à une autre liste. L'arrêté du Gouvernement wallon du 16 mai 2019 relatif à l'occupation des travailleurs étrangers dispense de l'examen du marché de l'emploi les fonctions où le Ministre constate une pénurie structurelle, et prévoit que « le Ministre établit chaque année, sur base des modalités qu'il détermine, une liste des fonctions en pénurie de main-d'œuvre en région de langue française » [6]. Cette liste-là compte 56 intitulés et court du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026 [7].
L'écart se voit à l'œil nu : le préparateur en carrosserie quitte le relevé du Forem [2] mais reste éligible côté permis de travail [7]. Les aides à l'embauche restent régionales et ignorent le métier, les réductions groupes cibles de l'ONSS suivant une catégorie de travailleur [8]. La méthode de lecture de ces relevés est détaillée dans nos listes de métiers en pénurie côté employeur.
Une liste plus longue, un marché moins tendu
Statbel a publié le 11 septembre les chiffres du deuxième trimestre 2026 : 133.881 emplois vacants en Belgique, contre 140.462 au trimestre précédent, soit un recul de 4,7 % en trois mois et de 18,1 % sur un an [9]. La Wallonie en concentre 22,26 %, pour un taux de vacance de 2,73 % contre 3,65 % en Flandre [9]. Le VDAB, lui, retient 227 knelpuntberoepen et a également revu sa structure des métiers cette année, ce qui interdit toute comparaison avec ses éditions antérieures [10].
Prochain jalon, proche : la liste destinée aux travailleurs étrangers expire le 30 septembre 2026 [7]. Sa reconduction dira si le SPW Emploi s'aligne sur la nouvelle méthode du Forem.
Note de la rédaction
Toute aide, prime, subvention ou incitant fiscal est présenté avec ses conditions d'éligibilité, la région ou l'autorité compétente et sa date de validité, avec un renvoi à la source officielle. Un dispositif n'est jamais présenté comme automatique, universel ou définitivement acquis.
Sources et Références
- Le Forem : 144 métiers dans la liste 2026
- Le Forem : Communiqué de presse du 1er juillet 2026
- Le Forem : Liste 2026 des métiers en pénurie en Wallonie
- Le Forem : Liste 2025 des métiers et fonctions critiques
- Le Forem : Découvrir les métiers en pénurie
- Wallex : Arrêté du Gouvernement wallon du 16 mai 2019
- SPW Emploi : Liste des métiers en pénurie, travailleurs de pays tiers
- ONSS : Réduction structurelle et réductions groupes cibles
- Statbel : Emplois vacants, deuxième trimestre 2026
- VDAB : Knelpuntberoepenlijst 2026
Cet article a été rédigé par son auteur, avec l'assistance d’une IA pour la recherche et la syntaxe.